UA-10909707-12

> > > 19e siècle

19e siècle

Vénus désarmant l'amour

GIACOMOTTI Félix-Henri

Quingey, 1828 - Besançon, 1909

Vénus désarmant l'amour

Huile sur toile

H. 187 cm. ; L. 138,5 cm.

Don de Mme Léon Demogé, 1962

Inv. D 50-4-1

Notice complète

Ce tableau mythologique, présenté au Salon de 1873, fut probablement réalisé en 1872 par Giacomotti entre les deux commandes de l’Etat concernant, la copie de Vénus, Mercure et l’Amour du Corrège et la copie de La rencontre de Frédéric III avec Eléonore de Portugal à la porte Camollia de Sienne du Pinturicchio. Inspiré par le tableau du Corrège, Giacomotti met en scène les mêmes personnages que ceux du vieux maître, à savoir Vénus et l’Amour.

Vénus est représentée à demi assise sur une pierre, regardant de toute sa hauteur l’Amour qui tente de lui reprendre l’arc et les flèches qu’elle lui a confisqués. Comme bien souvent dans la peinture mythologique, la scène a lieu au milieu d’une végétation luxuriante et les personnages sont nus, pour rappeler leur divinité aux yeux du spectateur. Toutefois, cette condition n’est ici qu’un prétexte pour Giacomotti à peindre du nu et à nous faire apprécier sa maîtrise de la représentation anatomique du corps humain et de sa carnation. La présence de trois études pour ce tableau dans l’ouvrage d’Alexandre Estignard, témoigne de la volonté de Giacomotti à introduire une gestuelle riche et complexe dans cette œuvre. L’Amour se dressant sur la pointe des pieds, les bras tendus au ciel, mais également le corps de Vénus qui forme une diagonale parfaite de la toile, sont autant de difficultés techniques dont l’artiste a su s’affranchir avec brio. Une fois de plus, nous pouvons au travers ce tableau faire une comparaison entre Giacomotti et Bouguereau, au niveau du sujet et de sa réalisation.

Conservé par le peintre jusqu’à sa mort, ce tableau apparaît dans le catalogue de vente après décès au numéro 90 et marque par conséquent la fin d’une longue série d’achats de l’Etat sous le Second Empire. Il existe également un dessin de ce tableau, qui fut exposé en 1893 à Besançon, à l’exposition des amis des Beaux-Arts.

Jérôme PONTAROLLO