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14-16e siècle

Anges musiciens (1368)

VENEZIANO Lorenzo

Documenté à Venise et à Vérone de 1356 à 1372

Anges musiciens (1368)

Tempera sur bois, peuplier

H. 28,8 cm L. 63,3 m

Acquis avec l’aide du FRAM-Centre et des Amis de la Bibliothèque et du Musée, 1998

Inv. 1998-3-1

Notice complète

Passé en vente publique en 1996, le panneau des Anges musiciens est reconnu comme la partie supérieure du panneau du Couronnement de la Vierge, légué au musée de Tours par Octave Linet en 1963. Ces panneaux (Anges Musiciens, Couronnement de la Vierge et Le Calvaire) composent la partie centrale d'un polyptyque de Lorenzo Veneziano, œuvre majeure de ce maître du gothique international exécutée en 1368 pour l’église San Giacomo Maggiore à Bologne. Ce polyptyque, suivant la tradition vénitienne, adopte une ordonnance complexe. Composé de plusieurs registres superposés et d’une prédelle, il offrait, dans le corps central, une iconographie chère à cet atelier : le Couronnement de la Vierge surmonté d’un chœur d’anges musiciens.

Déplacé du maître-autel dès le XVIe siècle, le retable sera démembré en 1636. Le panneau central est localisé, à la fin du XVIIIe, dans la collection Ercolani à Bologne dont le précieux inventaire comporte une description détaillée de l’œuvre et confirme son intégralité. A ce jour, l’historique de cette peinture ne peut malheureusement être établi au XIXe siècle, et on ignore à quelle date le tableau a été scié et les deux compositions séparées

L’examen attentif de la radiographie et des deux compositions confirme l’existence d’une planche unique de grand format et permet de déterminer les emplacements respectifs des deux compositions séparées seulement de quelques centimètres. Dans les angles inférieurs on entrevoit la tenture d'honneur, dorée finement poinçonnée de motifs ornementaux mêlés de losanges, en parfaite continuité avec les décorations des bordures du même tissu sur le tableau du registre inférieur. L'œuvre a en outre été rognée de quelques centimètres, en particulier sur les bords latéraux où apparaissaient les visages des angelots tenant un luth, dont on aperçoit le bas du corps dans la partie haute du tableau du couronnement. Le petit ensemble vocal et instrumental est formé de seize angelots animés, saisis dans des poses et des expressions les plus variées, tandis qu'ils chantent ou qu'ils jouent de divers instruments de l'époque, comme la vielle, le psaltérion, la petite trompette, le luth, la mandoline, le tambourin et l'orgue portatif. La composition, en accord avec les intentions naturalistes de l'artiste, permet d'apprécier l'intensité et la modulation raffinée des couleurs.