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Arts graphiques

La Punition de Cupidon

FONTANA Prospero

Bologne, 1512-1597

La Punition de Cupidon

Encre métallo-gallique avec rehauts de craie blanche sur papier vergé bleu.

H. 33 cm. ; L. 17,7 cm

Legs Albert Pomme de Mirimonde au Louvre, 1986. Pour affectation au musée de Tours, 1996.

Inv. D.1986-1-14

Notice complète

Sans être une signature, l'inscription ancienne portée sur ce dessin, qui nous est parvenue à peine altérée par le temps, livre le nom exact de son auteur. Il s'agit d'une étude préparatoire pour la fresque appartenant au cycle décoratif de la villa Giulia à Rome, réalisée vers 1553 pour le pape Jules III (1550-1555).

Les dessins de Prospero Fontana étant peu nombreux, cette étude inconnue jusqu'à très récemment des spécialistes, revêt un intérêt tout particulier. La disposition générale de la scène mythologique, qui a trouvé ici sa forme presque définitive, implique la maîtrise de la narration. Il est possible que d'autres recherches l'aient précédée, puisque de toute évidence elle présente un niveau déjà abouti de la composition. La liberté, révélatrice de l'idiosyncrasie (particularités) de l'artiste, confère au dessin une valeur de référence qui en fait un repère pour l'évaluation d'autres dessins que l'on tente d'attribuer à Fontana.

Dans les décors de la villa Giulia, les principaux acteurs sont Prospero Fontana et le jeune Taddeo Zuccari. Le dessin du musée de Tours, d'autant plus précieux que les études pour la villa Giulia sont peu nombreuses, correspond à une peinture faisant partie des compartiments du plafond de la grande salle située à droite de l'entrée, dans l'aile sud (actuelle bibliothèque) que l'historien d'art Gere attribuait à Taddeo Zuccari, alors que selon Nova, Zuccari n'intervint pas du tout dans les plafonds de ces salles du rez-de-chaussée. Notons cependant que la question de l'attribution des fresques est compliquée, d'une part par le fait que les peintures ont été altérées par des restaurations lourdes, d'autre part parce qu'il est toujours possible que Zuccari, certes très brillant, mais alors âgé de seulement vingt-quatre ans, ait travaillé à partir de dessins fournis par Fontana.

Du point de vue iconographique, il convient d'insister sur le fait qu'il s'agit bien de Vénus et non de Diane, comme on l'écrit généralement.

La déesse demande aux nymphes de pardonner ses mauvaises actions à son fils Cupidon, qui n'est pas représenté sur le dessin mais figure sur la fresque, attaché à un arbre, sans doute le myrte, arbre des nymphes. S'il s'agit bien de la revanche des vierges, qui se sont saisi des flèches et de l'arc du dieu de l'amour enfant, l'esprit de la scène est celui d'une comédie espiègle et n'évoque pas un événement tragique ou cruel.

Dans une première phase, à partir de décembre 1550, Vasari avait été fortement impliqué dans la conception de la villa que Jules III avait décidé de faire construire sur l'emplacement d'une "vigne" dans la proche campagne de Rome (aujourd'hui dominant la Piazza del Popolo). On ne saurait en effet faire abstraction d'une composante vasarienne dans le dessin de Tours, surtout visible dans la figure de Vénus sur son char, que l'on peut rapprocher de nombreux dessins à la plume du maître florentin. Ce point est important car l'on sait désormais de manière plus précise combien la personnalité artistique de Fontana est indissociable de celle de Vasari.