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18e siècle

Adoration des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie

COURREGE Jean-Faur

Paris, 1730 ? - Bordeaux, 1806 ?

Adoration des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie

Huile sur toile

223 x 99,5 cm

Saisie révolutionnaire, chapelle de l’Union chrétienne, 1792-1793

Inv. : 1802-1-2

Notice complète

L’activité de cet artiste semble s’être déroulée essentiellement à Paris et à Bordeaux. Elève de l’Académie royale, Jean-Faur Courrège obtient en 1751 le second prix de Rome, puis est reçu à l’Académie de Saint-Luc où il occupera le poste d’adjoint à professeur. Son nom apparaît aux expositions de cette académie en 1753, 1756, 1762 et 1764, sous des orthographes parfois légèrement différentes. Sept ans plus tard Courrège est à Bordeaux où il est agréé à la nouvelle Académie des Arts. Présentant, en 1771, des œuvres au premier Salon bordelais, son envoi, très remarqué lui vaut d’être nommé académicien et professeur adjoint. Il expose alors régulièrement aux salons de cette ville jusqu’en 1782. Des sources d’archives témoignent de sa présence à Bordeaux encore en 1792, date à laquelle il perçoit le paiement pour un tableau Le Baptême du Christ, destiné à la chapelle des fonts baptismaux de l’église Notre-Dame, où il se trouve encore aujourd’hui.

Adoration des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie

Saisi en 1794 dans la chapelle du couvent des sœurs de l’Union Chrétienne, ce tableau constitue l’un des rares témoignages de l’histoire de cette congrégation installée à Tours. Fondé en 1674 par le père Joseph Sain, ce couvent, dont il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges intégrés dans des architectures modernes et la chapelle, eut la particularité de recevoir des jeunes filles protestantes retirées à leur famille pour être élevées dans la religion catholique. La chapelle de l’Union Chrétienne, devint un entrepôt à la Révolution, puis fut achetée en 1844 par l’Eglise réformée, depuis cette date ce lieu est le temple protestant.

Ce tableau connut, probablement dans les dernières années du XVIIIe siècle, le même sort que celui de Charles Lamy, Religieuses de Notre-dame de la Charité du refuge en adoration devant les Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, saisi au couvent de la Charité du Refuge. Le motif des Sacrés-Cœurs a été en effet sur les deux œuvres, masqué par une épaisse couche de peinture, peut-être à la Révolution, mais peut-être quelques années auparavant pour des questions d’ordre politiques ou religieuses. Ce n’est qu’en 1958, pour le tableau de Lamy et un an plus tard pour celui de Courrège, que ce motif a été dégagé au cours d’une restauration. Le musée de Tours conserve une troisième œuvre dont l’iconographie fut modifiée de manière plus radicale encore pendant la période révolutionnaire. Peint par Févre, ce tableau qui représentait Le martyre de Sainte Ursule, saisi au Couvent des Ursulines de Tours en 1794 également, a été modifié par la suppression ou le rajout de certains motifs afin d’illustrer une allégorie révolutionnaire : Le Directoire sous les traits de la Concorde clôt l’ère de la Terreur.

Les congrégations religieuses à vocation charitable avaient une dévotion particulière pour le Sacré-Cœur, ce qui explique le sujet de cette œuvre commandé à Jean Courrège pour la chapelle du couvent de l’Union Chrétienne. Le motif sur le tableau de Courrège présente deux cœurs entourés de la Couronne d’épines, l’un incisé par le fer de lance de Longin, le second percé par le glaive symbolique de la prophétie de Siméon.

Peint en 1749 date à laquelle celui que l’on surnommera par la suite le « Corrège Français » est vraisemblablement tout jeune élève de l’Académie Royale, ce tableau témoigne de l’influence manifeste de Jean Restout. Laurent et Montaiglon dans le catalogue du musée de Tours édité en 1891, notaient déjà que cette peinture était : claire et blanchâtre, tout à fait dans le goût de Jean Restout. Les analogies sont particulièrement étroites avec un tableau de sujet très proche, L’Adoration du Sacré-Cœur, peint cependant cinq ans plus tard par Jean Restout pour le couvent des Visitandines du Mans. La mise en page dynamique confère aux deux œuvres un pathos particulièrement fort. Le tableau de Jean Courrège révèle une maîtrise très juste de la composition, le premier plan sombre mettant en valeur le halo doré au centre de l’œuvre. La souplesse élégante des anges, la finesse du profil de celui de droite, ne sont pas sans évoquer une influence italienne, Lossky suggérait même celle de Corrège, son homonyme parmesan. La facture riche, avec une utilisation abondante de glacis qui souligne le modelé des corps dans la lumière rappelle en effet les effets de matière du maître italien.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008