UA-10909707-12

Info

Info
COVID-19 Pass sanitaire
En application du décret n°2021-1059 du 7 août 2021 modifiant le décret n°2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire, depuis le mardi 10 août pour tous les musées de la Ville de Tours un pass sanitaire est exigé pour les personnes de 18 ans et plus. Depuis le 30 septembre 2021, le pass sanitaire est également obligatoire pour les mineurs âgés de 12 ans et deux mois à 17 ans. Le contrôle du pass sanitaire sera effectué dans les mêmes conditions que pour les personnes majeures. Le port du masque reste actuellement obligatoire.

Le muséum d’Histoire Naturelle, le musée des Beaux-arts, le musée du Compagnonnage et le Château de Tours sont concernés par cette mesure.
Nos équipes mettent tout en œuvre pour faciliter et fluidifier votre accueil. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre coopération lors des contrôles à l’entrée des établissements.

> > > 18e siècle

18e siècle

Leucothée accueillie par les Néréides

LE CLERC Sébastien II

Paris, 1676 - Paris, 1763

Leucothée accueillie par les Néréides

Huile sur toile

98 x 130 cm.

Acquis chez Stéphane Grodée, Amiens, décembre 1999

Inv. : 1999-2-1

Notice complète

Cette œuvre passée en vente en 1998 sous le nom de Louis de Boullogne, a été ensuite attribuée à Henri de Favanne. L’analyse typologique des personnages nous permet d’attribuer ce tableau à Sébastien le Clerc. On retrouve en effet sur cette œuvre ces visages féminins aux yeux très ronds, aux sourcils très marqués et au menton effilé si caractéristiques des productions de l’artiste. D’autres analogies nous guident également vers cet artiste, le corps de la jeune Leucothée sauvée de la noyade par les Néréides est ainsi très proche de celui de Saphire dans La Mort de Saphire peint en 1718 par Sébastien le Clerc pour l’église de Saint-Germain-des-Près, et la manière de représenter la musculature puissante des corps masculins se retrouvent sur d’autres œuvres de l’artiste. Les rapprochements sont étroits aussi avec La déification d’Enée, qui offre une même composition très resserrée et pyramidale, dominée par la figure de Vénus. Dans le mémoire de maîtrise qu’elle a consacrée à l’artiste, Maud Gaillard propose de situer la réalisation de ce tableau dans les premières années de la carrière de Sébastien le Clerc ; à cette date l’œuvre de l’artiste est encore très marquée par les leçons reçues dans l’atelier de son maître Bon Boullogne. Maud Gaillard a rappelé également que Sébastien Le Clerc a représenté un épisode lié à l’histoire de Leucothée, dans un de ses dessins La Haine, œuvre perdue mais connue par l’estampe d’Edme Jeaurat réalisée en 1713.

Ce tableau qui illustre un sujet rare emprunté aux Métamorphoses d’Ovide (IV, 416-562). Ino, fille de Cadmos, poursuivie par la jalousie d’Héra fut frappée de folie, elle se jeta dans la mer, après avoir tué l’un de ses fils, et fut recueillie par les divinités marines qui la transformèrent en une Néréide. Vénus se prit de pitié pour la jeune femme et pria Neptune de la protéger dans son royaume. Après l’avoir déifiée Neptune lui donnera le nom de Leucothée, « la déesse blanche ». Sébastien Le Clerc a choisi de représenter le moment où Leucothée est accueillie dans le monde de Neptune par les divinités marines. Une sorte d’agitation règne dans cette composition créée par le mouvement des vagues, par la précipitation des Tritons et l’arrivée triomphante de Neptune. Dans un bel équilibre l’artiste occupe l’espace gauche de l’œuvre par les nuées de Vénus, tout en laissant une large clarté dans la partie droite afin de mettre en évidence le petit temple rond, allusion au sanctuaire dédié à Mater Matuta, lieu où fut recueilli le corps de Leucothée. Le Clerc maîtrise dans cette toile une harmonieuse palette de verts émeraudes, oranges cuivrés et bleu lapis, et comme il l’a fait également pour son Morceau de réception (voir notice précédente) l’artiste joue sur les différentes carnations des protagonistes de cette scène. Le rapprochement de ces corps à la peau claire ou burinée, le corps de la « déesse blanche » dominant avec force la composition, donne à cette œuvre une dramatisation particulière mêlée de sensualité.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008