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18e siècle

Portrait d'Etienne Baluze

RIGAUD Hyacinthe et DELAUNAY, atelier de

Perpignan, 1659 - Paris, 1743

Portrait d'Etienne Baluze

Huile sur toile

81 x 65,5 cm.

Acquis par rente viagère à Charles Schmidt, avril 1874

Inv. :1874-5-65

Notice complète

L’inventaire de la collection de Charles Schmidt en 1874 indique précisément que ce portrait est celui de Baluze, pourtant les différents catalogues du musée qui ont successivement été publiés à partir de cette date, oublient cette identité et mentionnent systématiquement « portrait d’un abbé ». Boris Lossky en 1962 restituera l’identification du portrait qui a été peint d’après l’original réalisé dans l’atelier de Hyacinthe Rigaud en 1705. Le livre de Raison de Hyacinthe Rigaud nous apprend que la toile originale fut peinte pour 140 livres, et qu’une réplique en fut exécutée la même année pour 50 livres précisant que l’élève Delaunay touchait 6 livres pour avoir peint l’habit . Le portrait conservé à Tours pouvait correspondre à cette réplique. Neuf ans plus tard Simon Thomassin gravait une estampe d’après ce portrait, gravure importante aux yeux de Rigaud, puisqu’il la sélectionnera pour être publié dans le recueil d’estampes d’après son œuvre. Ariane James-Sarazin a découvert à Vienne un dessin de Rigaud préparatoire à cette estampe. Elle précise que le portrait de Baluze conservé à Tours est proche d’une série de portraits d’ecclésiastiques réalisée par Hyacinthe Rigaud dans une composition assez semblable, le personnage prenant appui sur une colonne. L’œuvre peut ainsi être mise en relation avec le Portrait du Père Guyet de Chevigny, peint en 1696 et conservé au musée de Tours. On retrouve sur ces deux œuvres une mise en page identique, une manière semblable et sobre de traiter ces portraits mais sans austérité, le regard intense et le léger sourire des deux hommes supprimant toute gravité.

Etienne Baluze effectue des études brillantes à Tulle et à Toulouse, Colbert lui confie alors le soin d'administrer sa bibliothèque, fonction qu'il exercera de 1667 à 1700. Il occupe parallèlement la chaire de professeur de droit canon au Collège royal à partir de 1670, et en assurera la direction en 1707. En 1679, le roi le choisit pour être son aumônier. Tombé en disgrâce en 1710, à la suite de la publication de "L'histoire généalogique de la Maison d'Auvergne" ouvrage dans lequel il publie quelques pages qui favorisaient les prétentions du duc de Bouillon contre Louis XIV sur le comté d’Auvergne, il est alors contraint par le roi de quitter Paris et ne peut y revenir qu’en 1713, date à laquelle il est partiellement réhabilité. L’estampe de Simon Thomassin a été réalisée l’année suivant la réhabilitation d’Etienne Baluze. Ce savant historiographe publiera un nombre important d’ouvrages, en particulier la Vie des papes d'Avignon, 1693 qui fut mise à l'Index à Rome ; on lui doit également l’édition d'ouvrages rares et précieux pour l'histoire ecclésiastique.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008