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17e Italie

Saint Sébastien soigné par Irène (vers 1635)

CAIRO Francesco

San Stefano in Breno, 1607 - Milan, 1665

Saint Sébastien soigné par Irène (vers 1635)

Huile sur toile

H. 68 cm. L. 84 cm.

Dépôt de l'Etat, 1806, transfert de propriété de l'Etat à la Ville de Tours, 2010.

Inv. 1803-1-22

Notice complète

Ce tableau est l'un des rares exemples, dans les collections publiques françaises, de la première période de Caïro, illustrée par les œuvres les plus remarquables encore empreintes de l'expérience caravagesque.

Peintre à la cour de Turin de 1633 à 1637, au service de Vittorio Amedeo Ier de Savoie, l'artiste travaille également pour les grands mécènes de l'Italie du Nord, tel Francesco Ier d'Este à Modène, qui, en 1635, achète ce Saint Sébastien pour le décor de la Galleria Estense. C'est là que la toile sera saisie en l'an V (1796) par les commissaires du Directoire. Après avoir vainement tenté la traversée des Alpes par le col de Tende au cours de l'hiver 1796-1797, le convoi où figure Saint Sébastien embarque à Gênes pour Toulon, "entraînant un état de souffrance des tableaux roulés". Les œuvres de Modène n'arriveront à Paris que le 13 Thermidor an VI (31 juillet 1797), soit trois jours après la fête des Arts (9 et 10 Thermidor) organisée des Invalides au Champ-de-Mars à l'occasion de l'arrivée des chefs d'œuvre saisis en Italie et sont intégrées aux collections du Muséum central.

Comme son maître Morazzone, Caïro sait donner, dans un tableau de format modeste, toute la monumentalité souhaitée à la composition. Eliminant tout caractère anecdotique au profit d'un sentiment poétique, il distribue arbitrairement la lumière, qui soit caresse le corps voluptueusement abandonné du saint, soit isole quelques beaux détails, comme le turban d'Irène ou la main tenant le coupe avec l'onguent.

Très populaire au moment des épidémies de peste, qui se succèdent au début du XVIIe siècle en Lombardie et en Vénétie, le thème du saint Sébastien soigné par Irène est un sujet de prédilection pour les caravagesques. Cadrages intimistes, poésie nocturne, lumière froide, confrontation et/ou opposition de deux visages, du sacré au profane, du féminin au masculin, simplicité apparente de la composition se répètent dans les ateliers français et italiens. Néanmoins, la beauté du saint Sébastien de Cairo après son martyre, le corps renversé voluptueusement alangui, le geste immobile, suspendu, des mains Irène, l'écho des deux drapés, les jeux d'ombres et de lumière, l'ambiguïté de la scène, confèrent à cette toile, une qualité exceptionnelle à laquelle on ne peut qu'être sensible.

En savoir plus

Le 4 Brumaire an V (25 octobre 1796), le mathématicien Gaspard Monge, commissaire désigné par le Directoire pour la saisie des oeuvres d'art et de science en Italie, enlève vingt-neuf tableaux de la Galleria Estense à Modène, dont "un tableau de l'école du Caravage représentant saint Sébastien exposé dans la sixième pièce avec quatre tableaux du Carache représenant Les Quatre Elements". Joseph Candrini, conseiller de la Régence à Modène est présent ainsi que le peintre Tinet et deux commissaires de la République, le sculpteur Moitte et le peintre Berthelemy. Toujours en Brumaire an V, les saisies se poursuivent dans cette prestigieuse et riche collection : une centaine de livres anciens, plus de trois cents dessins italiens, des armes, des médailles, des sculptures, etc.

Après avoir vainement tenté la traversée des Alpes par le col de Tende au cours de l'hivers 1796-1797, le convoi où figure Saint Sébastien embarque à Gênes pour Toulon, "entraînant un état de souffrance des tableaux roulés". Les œuvres de Modène n'arriveront à Paris que le 13 Thermidor an VI (31 juillet 1797), soit trois jours après la fête des Arts (9 et 10 Thermidor) organisée des Invalides au Champ-de-Mars à l'occasion de l'arrivée des chefs-d'oeuvre saisis en Italie.

Inscrit sur la liste des envois au musée de Tours en 1803 comme oeuvre du Caravage, ce tableau conserve cette attribution tout au long du XIXe siècle. En 1943, Longhi propose le nom d'Orazio Rminaldi, retenu par Laclotte en 1952 alors que Charles Sterling y voit déjà une oeuvre de Caïro (archives du musée) et que Lossky le présente à Vienne, en 1957, comme attribué à Bartolomeo Manfredi. C'est Gregori qui, en 1972, confirme l'attribution à Cairo, suivie par Spike en 1977 (visite au musée) et par Rosenberg en 1978 (consulté par Forh).

Les diverses attributions proposées pour ce Saint Sébastien soigné par Sainte Irène depuis le XIXe siècle révèlent les difficultés qui existent à cernenr le style de certains caravagesques. Depuis 1983, la personnalité et l'art de Cairo nous sont mieux connus grâce à l'exposition organisée à Varèse. Cairo appartient au courant fortement influencé par Caravage ; au début de sa carrière et avant son voyage à Rome en 1638-1639, il est proche de Crespi, de Procaccini et Morazzone dont, selon la tradition, il a fréquenté l'atelier.

Dès 1633, il quitte Milan pour travailler à la cour de Turin auprès de Victoir Amédée Ier, duc de Savoie, tout en exécutant des commandes pour les grands collectionneurs de l'Italie du Nord. Le 15 avril 1635, c'est ainsi que l'abbé Roberto Fontana, résidant à Milan et chargé par François Ier d'Este des enrichissements de sa collection de Modène, achète pour 90 ducats le Saint Sébastien soigné par sainte Irène de Cairo. L'œuvre ne quittera plus le duché jusqu'en 1796, à l'exception de l'hiver 1639. Recherchée alors par Fontana, elle est localisée à Varèse chez l'artiste qui rentre d'un séjour de deux ans à Rome. La toile avait peut-être été récupérée par Cairo pour réaliser les deux répliques connues de cette composition. La première est conservée à Rome, à la villa Albani-Torlonia, la seconde à Modène, à la Galleria Campori.

Probablement exécuté au début de l'année 1635, Saint Sébastien soigné par sainte Irène fournit l'un des principaux jalons de la première période de Cairo, marquée par les oeuvres les plus remarquables. Ainsi la série d'Hérodiatde (Turin, Galleria Sabauda, Boston, Museum of Fine Arts, Sarasota, Ringling Museum of Art).

Très populaire au moment des épidémies de peste, qui se succèdent au début du XVIIe siècle en Lombardie et en Vénétie, le thème du saint Sébastien soigné par saint Irène est un sujet de prédilection pour les caravagesques. Cadrages intimistes, poésie nocturne, lumière froide, confrontation et/ou opposition de deux visages, du sacré au profane, du féminin au masculin, simplicité apparente de la composition se répètent dans les ateliers français et italiens. Néanmoins, la beauté du saint Sébastien de Cairo après son martyre, le corps renversé voluptueusement alangui, le geste immobile, suspendu, des mains de sainte Irène, l'écho des deux drapés, les jeux d'ombres et de lumière, l'ambiguïté de la scène, confèrent à cette toile, une qualité exceptionnelle à laquelle on ne peut qu'être sensible.

© MBA Tours cliché J.-J. Moreau