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17e Italie

Le Martyre de l'apôtre saint Mathias à Jérusalem (vers 1690)

PROVIDONI Francesco

Bologne, 1633 - Bastia Umbra, 1703

Le Martyre de l'apôtre saint Mathias à Jérusalem (vers 1690)

Huile sur toile

H. 74,8 cm L. 63,9 cm

Acquis entre 1804 et 1806 par le général de Pommereul, préfet d'Indre-et-Loire, pour le musée.

Inv. 1825-1-43

Notice complète

Quittant définitivement l'Emilie au début des années 1660, Providoni déploie son activité en Ombrie, où il exécute des décors peints sur des églises, des couvents. Mais c'est à Assise que le peintre reçoit ses plus "brillantes" commandes. Le style singulier qu'il développe dans la seconde moitié du XVIIe siècle est apprécié par l'archevêque Ludovico Giustiniani (1670-1685) et tout particulièrement par son successeur Francesco Nerli (1685-1689), qui deviendra son principal mécène. En 1670 il est à Paris, où il occupe pendant six ans le poste de nonce apostolique à la cour de Louis XIV. Promu cardinal à Rome en 1690, il commande à Providoni les deux tableaux de Tours destinés, avec vingt-trois autres toiles de même format, à être offerts au roi de France.

Quand les tableaux arrivent à Versailles en mars 1697, Louis XIV remercie le cardinal, alors très influent à Rome pour "la beauté de la peinture, l'ordonnance, le prodigieux travail et l'intervention particulière du dessin", autant d'éloges qui laisseraient supposer la satisfaction du roi. Mais ce serait méconnaître le rôle déterminant du Premier peintre du roi, Pierre Mignard, dans l'enrichissement de la collection royale et les reproches formulés par le directeur de l'Académie de France à Rome, La Teulière, aux artistes italiens dont le dessin est jugé insuffisant, et enfin le mépris, du surintendant des Bâtiments, Colbert de Villacerf, pour l'œuvre de ce "modeste et fantasque Providoni". Dès le 10 juillet 1697, M. de Ponchartrain range au garde-meuble de Versailles les vingt-cinq tableaux.

De cette collection, vendue et dispersé au cours de la Révolution, quatre tableaux sont aujourd'hui localisés : les deux tableaux du musée de Tours, les Noces de Cana du Kunsthistorisch Instituut der Rijksuniversiteit d'Utrecht et La Sainte Famille d'une collection particulière parisienne. Tous révèlent cette constante du style de Providoni, redevable aux maniéristes tardifs.

Quel que soit le sujet, l'artiste conciliera la scène, animée de nombreux figurants, tourbillonnant autour du point central où se déroule le martyr, avec l'architecture monumentale parfois inspirée de la Rome baroque du Bernin et de Borromini, mais le plus souvent fantaisiste et traitée comme un décor scénique. Privant le regard d'un instant de repos, Providoni construit Le Martyre de l'apôtre saint Jude Thaddée à Suanyr uniquement sur courbes et contre-courbes. Certes, dans ces deux tableaux, des faiblesses apparaissent, comme les raccourcis au premier plan, le dessin maladroit de certains détails anatomiques, l'allongement des doigts, tout particulièrement de l'index, qui sert presque de signature. Au demeurant, il reste à souligner l'originalité que présentent ces deux Providoni dans la collection du musée de Tours, dominée par les caravagesques et dans les collections publiques françaises dont ils sont les seuls exemples de la production de cet artiste.

© MBA Tours, cliché Marc Jeanneteau