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18e siècle

Portrait présumé de Mademoiselle Duclos

BOUYS André, attribué à

Hyères, 1656 - Paris, 1740

Portrait présumé de Mademoiselle Duclos

Huile sur toile

81,5 x 65 cm

Legs André Foulon de Vaulx, 1952

Inv. :1952-1-3

Notice complète

Elève de François de Troy, ce portraitiste malgré une production abondante, reste relativement mal connu du fait de la mauvaise attribution d’un grand nombre d’œuvres qui devraient sans doute lui être rendues. Cependant quelques recherches récentes permettent peu à peu de mieux comprendre cet artiste intéressant. On peut ainsi mentionner Le groupe de Musiciens, vers 1715 (Londres, National Gallery) longtemps considéré comme œuvre de Hyacinthe Rigaud, et qui a été attribué à André Bouys en 1997, attribution confirmée par la découverte en 2001 de la signature de Bouys sur ce tableau. Reçu à l’Académie Royale en 1688 sur présentation du Portrait de Charles de La Fosse et de celui d’Etienne Le Hongre (Versailles, musée national du château et de Trianon), Bouys fut particulièrement lié avec le milieu musical. On lui doit en particulier un Portrait de Marin Marais qu’il présente au salon de 1704 (Paris, musée de la Musique), ou encore celui de François Couperin (connu par la gravure de Jean-Charles Flipart). André Bouys réalisa également des scènes de genre et des natures mortes, et fut un excellent graveur.

Ce portrait a été attribué à Nicolas de Largillierre jusqu’en 1929, date à laquelle il figure à l’exposition du musée Carnavalet comme œuvre de Hyacinthe Rigaud. C’est sous le nom de cet artiste qu’il entre dans les collections du musée en 1952. Il semble plus vraisemblable que ce portrait doive être rendu à André Bouys. L’étude analogique avec certains tableaux de cet artiste permet en effet de le confirmer. L’une des œuvres qui présente le plus de rapprochements avec Mademoiselle Duclos est le Portrait présumé de la princesse Palatine tenant une perle (Niort, musée Bernard d’Agesci) qui a été récemment attribué à André Bouys). Mais l’on retrouve également des analogies étroites entre ce portrait conservé à Tours et l’Autoportrait de l’artiste et de sa femme Marie-Anne Rousseau vers 1717 (Versailles, musée national du château et des Trianons). On note en particulier sur ces portraits une manière identique de peindre les mains trop rondes et d’une teinte monochrome qui leur enlève toute vie comme si elles avaient été modelées dans la cire. Le traitement des étoffes présente également bien des similitudes, en particulier le lourd drapé de velours, aux plis profonds. Mais ce qui frappe sans doute le plus dans ces portraits peints par Bouys, c’est cette façon très personnelle qu’il a de rendre l’arrière-plan dans une impression un peu floue presque duveteuse.

Si l’identité du modèle figuré sur ce tableau de Tours a parfois été remise en cause elle semble pourtant pouvoir être acceptée en comparaison des portraits connus de la comédienne, en particulier celui peint par Alexis Grimou et le célèbre portrait réalisé par Nicolas de Largillierre, représentant Mademoiselle Duclos dans le rôle d’Ariane (Chantilly, musée Condé). Enfin, Jean-Jacques Olivier, conservateur des collections de la Comédie Française, signalait en 1954 un tableau assez proche de la célèbre comédienne, dans la collection d’Alexandre-Dumas fils.

Née dans une famille de comédiens, Marie-Anne de Chateauneuf (Paris, 1670-1745) prend comme nom de scène celui de Duclos, nom qu’elle emprunte à son grand-père acteur de la troupe du Marais. Elle fait tout d’abord ses débuts comme chanteuse à l’Opéra, sans obtenir de grand succès, elle entre alors à la Comédie française, où elle paraît pour la première fois en 1693 dans le rôle de Géta. Au début de sa carrière, elle double la Champmeslé, puis lui succède dans les premiers rôles de la tragédie. Elle exerce un grand attrait sur son auditoire usant d’un ton déclamatoire excessif. Mademoiselle Duclos tiendra le devant de la scène de la Comédie française pendant près de quarante ans, mais son jeu outré cessera peu à peu de séduire le public qui lui préférera le style plus naturel de certaines actrices en particulier celui de Mademoiselle Lecouvreur.

Cette toile mesurait 110 centimètres par 93 au moment de son acquisition par Henri Foulon de Vaulx en 1908. Elle a sans doute subit par la suite une réduction afin de pouvoir être adaptée à un nouveau cadre. Sur ce portrait l’artiste a su rendre avec un certain panache ce visage spirituel et charnu, bien en rapport avec ce que l’histoire nous a laissé de cette femme à la forte personnalité. La restauration effectuée en 1994 a permis de retrouver la palette de tons chauds faite de jaunes ambrés, doucement réveillés par le velours d’une belle et rare couleur aubergine.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008