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18e siècle

Les Adieux d’Hector et d’Andromaque

COYPEL Antoine

Paris, 1661 – Paris, 1722

Les Adieux d’Hector et d’Andromaque

Huile sur toile

118,5 x. 210 cm

Dépôt de l'Etat, 1803, transfert de propriété à la Ville de Tours, 2010

Inv. : 1803-1-8

Notice complète

Antoine Coypel choisi, en pendant de La Colère d’Achille, un épisode du livre VI de l’Illiade (469-485). Hector avant de partir affronter les Grecs fait ses adieux à Andromaque, son épouse et à leur fils, sur les remparts de Troie. Il invoque les dieux et les prie de protéger les siens pendant son absence, l’instant est d’autant plus pathétique que cet adieu sera sans retour. Ce thème avait obtenu un beau succès en France depuis la fin du XVIIe siècle, La Fosse, 1699 et Bon Boullogne, vers 1699 (Troyes, musée des beaux-arts), ont en particulier traité ce sujet.

Grand décorateur Coypel confirme dans ce tableau, comme dans la composition précédente, sa science de la mise en scène particulièrement maîtrisée. L’architecture joue ici le rôle d’une toile de fond, architecture de théâtre au répertoire éclectique où se côtoient temple antique, tours crénelées d’un château médiéval, façade classique du XVIIe siècle et architecture baroque de l’arche. Les nombreux personnages sont placés en frise devant ce décor. Structurée par les lignes de fuite tracées par le dallage, l’œuvre s’ouvre vers l’horizon grâce à l’arche monumentale qui marque le centre de la composition. L’on retrouvera ce type de mise en page dans d’autres œuvres de l’artiste notamment dans Suzanne accusée par les vieillards, 1712 (Saint-Quentin, musée municipal).

L’expression des passions est ici encore redevable des leçons de Le Brun, Nicole Garnier souligne que dans ce tableau de Coypel : « tout rappelle les « airs outrés » comme on disait alors, que Le Brun aimait à donner à ses personnages ». Il faut rappeler également que Les Adieux d’Hector et Andromaque et son pendant peints vers 1711, sont contemporains des conférences que Coypel donne à l’Académie sur « l’esthétique du peintre ». Les intentions de l’artiste sont clairement exposées dans ces textes et permettent de mieux comprendre son œuvre picturale. Coypel explique notamment sa volonté de « transporter » le spectateur : « beaucoup de personnes croient que la perfection de la peinture ne consiste que dans le rapport et la ressemblance aux objets visibles de la nature, elle ne se borne pas là ; elle doit joindre à la fidélité de l’histoire toute l’élévation et le sublime de la poésie, de même que la tragédie : elle doit trouver des ressorts qui remuent les passions … elle doit par la force de ses enchantements, nous transporter dans les pays et parmi les nations qu’elle veut représenter ».

Jean Restout aura en mémoire le tableau de Coypel lorsqu’il réalisera pour le concours de 1727 un tableau de même sujet, (collection particulière). Restout emprunte ouvertement la composition de son aîné. Restout en revanche utilise une palette de tons pastels bien différente de celle de Coypel, qui reprend pour cette composition les coloris de Rubens qu’il utilisait au début de sa carrière. Couleurs chaudes où dominent les rouges cramoisis, les jaunes orangés, qu’un critique du XIXe qualifiera de « coloris roussâtre ».

Ces deux sujets empruntés à l’Illiade par Antoine Coypel connurent un réel succès, cependant, pendant la période révolutionnaire, ils ne correspondaient plus aux exigences esthétiques du moment et furent à ce titre « éliminés des œuvres à copier en tapisserie »..

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008