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18e siècle

Tobit faisant ensevelir les morts de sa tribu à Ninive

DESHAYS Jean-Baptiste-Henri ou atelier

Rouen, 1729 - Paris, 1765

Tobit faisant ensevelir les morts de sa tribu à Ninive

Huile sur toile

32 x 40 cm.

Legs A. Pomme de Mirimonde au musée du Louvre, affecté par décision testamentaire au musée de Tours ; dépôt du musée du Louvre (inv. R.F. 1985-69) en 1986.

Inv. : D.1986-1-2

Notice complète

Cette esquisse illustre un des épisodes de la vie de Tobit. Exilé en 754 av. J-C sous le règne du roi Assyrien Salmanasar avec sa tribu de Nephtali à Ninive, Tobit, bravant l’interdiction qui en était faite, enterre les morts en cachette : « Aux jours de Salmanazar… si je voyais quelqu’un de mon clan mort jeté derrière le rempart de Ninive, je l’ensevelissais … Ceux que le roi Sennacherib tua quand il revint en fuyard de la Judée, je les ensevelis à la dérobée, car il en tua un grand nombre dans sa fureur ; leurs corps furent recherchés par le roi, mais ne furent pas trouvés. Un Ninive vint informer le roi que j’étais le fossoyeur clandestin » (Livre de Tobit, I, 15-20).

Attribuée à Jacques Gamelin au moment de l’inventaire de la collection Pomme de Mirimonde en 1985, cette esquisse fut publiée par Marie-Catherine Sahut deux ans plus tard parmi les anonymes de l’école française du XVIIIe siècle (1). Elle précise que ce sujet rare choisi pour le Prix de sculpture de l’Académie en 1757 et remporté par Gois (œuvre perdue), pouvait avoir été soumis aux futurs peintres d’histoire, parmi les exercices imposés. En 2003 nous avions attribué cette esquisse à l’atelier de Deshays, en soulignant les analogies étroites existant entre la représentation du corps du cadavre au premier plan et celui d’Hector peint par l’artiste en 1759 pour son morceau de réception à l’Académie Hector exposé sur les rives du Scamandre (Montpellier, musée Fabre). Il était délicat cependant de se prononcer de façon plus affirmative car le style de cette esquisse appartient à une manière que pratiquaient de nombreux élèves de Boucher ou de Carle Van Loo, notamment ceux qui suivaient les cours de l’Ecole Royale des élèves protégés dans les années 1760. Anne Leclair nous a utilement conseillé dans cette recherche. Tout en indiquant que des détails n’étaient sans doute pas étranger à Durameau qui a traité ce sujet elle a noté que la palette n’était pas celle de cet artiste, mais se rapprochait en revanche de celle de Dandré-Bardon (c’est sous l’attribution à cet artiste que l’esquisse fut publiée en 1999) ou encore de Noël Hallé. Grâce à ses indications cette esquisse a pu être mise en relation avec un tableau de même sujet peint par Jean-Baptiste Deshays signé et daté en 1757 et conservé au musée d’art et d’histoire de Cholet. La disposition des personnages est certes différente sur ces deux œuvres, mais l’on note également de nombreux points de rapprochements. L’atmosphère générale de ces deux compositions est très proche et le canon des figures est semblable. Ces tableaux sont travaillés dans une même palette, l’arrière plan mêle en camaïeu des tons de gris vert et de beige, avec quelques accents de bruns un peu plus soutenus qui permettent de souligner les détails d’architecture. Ces éléments sont par ailleurs sensiblement identiques sur les deux oeuvres. On note enfin les mêmes tons cuivrés et roses orangés des drapés des personnages. En revanche la figure de Tobit est différente, discrète dans l’œuvre de Cholet et en partie masquée par celles des fossoyeurs, elle est particulièrement mise en valeur dans celle de Tours. Vêtu d’un costume turc bleu turquoise Tobit domine la composition et un éclairage particulier valorise la belle tête de l’homme barbu et enturbanné.

L’écriture vive de l’esquisse de Tours est travaillée dans une pâte généreuse aux couleurs crémeuse. Elle est proche de plusieurs esquisses de Deshays en particulier le puissant Supplice de Saint-André acquis en 2002 par le musée des beaux-arts de Strasbourg.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008