UA-10909707-12

Info

Info
COVID-19 Pass sanitaire
En application du décret du 19 juillet 2021 modifiant le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire, à compter de mercredi 21 juillet, le pass sanitaire est exigé pour toute personne de 18 ans et plus, afin d'accéder aux équipements culturels et sportifs pouvant accueillir plus de 50 personnes en simultané.

Le muséum d’Histoire Naturelle, le musée des Beaux-arts, le musée du Compagnonnage et le Château de Tours sont concernés par cette mesure.
Nos équipes mettent tout en œuvre pour faciliter et fluidifier votre accueil. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre coopération lors des contrôles à l’entrée des établissements.

> > > 18e siècle

18e siècle

La Sainte Famille en Egypte

FAVANNE Henri de

Londres, 1668 - Paris, 1752

La Sainte Famille en Egypte

Huile sur toile

294 x 164 cm.

Saisie révolutionnaire au château de Chanteloup, 1794

Inv. : 1793-1-43

Notice complète

Ce tableau de Favanne entre dans les collections du musée de Tours en 1794, date de la saisie révolutionnaire au château de Chanteloup, sous l’attribution à « Frère Robert ». Curieusement les conservateurs qui se sont succédés dans ce musée ne semblent pas avoir remarqué cette œuvre, qui ne fut probablement pas exposée (elle n’apparaît dans aucun des catalogues du musée publiés tout au long du XIXe siècle, ni même dans celui beaucoup plus récent de Boris Lossky, consacré aux collections du XVIIIe siècle) et ne fut inventoriée que très tardivement. L’œuvre fut déposée à partir de 1954 au musée de Charleville-Mézières, le conservateur en poste à cette date, M. Taute effectuait alors des recherches sur Paul-Ponce-Antoine Robert peintre d’origine ardennaise. Pierre Rosenberg reconnut dans cette Sainte Famille en Egypte, l’un des tableaux peints par Henri de Favanne pour la chapelle du château de Chanteloup.

Dans la biographie que Cousin de la Contamine consacre à Henri de Favanne, on trouve quelques informations concernant le programme décoratif de cette chapelle : « Enfin une chapelle dans laquelle il a peint en neuf tableaux différents [en fait Favanne n’a pas réalisé neuf tableaux pour la chapelle mais sept ainsi que la fresque du plafond] les principaux traits de l’Histoire de la très sainte Vierge ; ou pour mieux dire les mystères de notre Religion auxquels elle a eu part. Son Assomption est le sujet du plafond qui a 41 pieds de long sur 27 pieds de large». Quelques lignes plus loin l’auteur précise que le décor de la chapelle fut réalisé en 1715. Malheureusement Cousin de la Contamine ne nous donne aucune information sur les sujets exacts de ces tableaux. Il faut donc se référer à l’inventaire de l’an X qui mentionne ces tableaux de façon beaucoup plus précise et notamment avec leur sujet iconographique : 11.ROBERT (Frère)-La circoncision, avec bordure, médiocre- H. 2m94,L.1m26- Provenant de Chanteloup, 12. La Fuite en Egypte… 13. La présentation au Temple… 14. L’arrivée en Egypte… 15. l’Adoration des Rois… 16. La Visitation… 17. L’Annonciation...

Enfin, il est inscrit dans la marge: « de frère Robert suivant le dire de Dufourny», indication précieuse qui nous informe sur l’origine de la mauvaise attribution de ces peintures à Ponce Robert. Léon Dufourny, envoyé par le Museum Central à Tours afin de veiller au bon déroulement de l’entrée des œuvres au musée a donné ainsi son avis à plusieurs reprises au moment de cet inventaire.

Les sept tableaux consacrés à l’histoire de la Vierge et réalisés par Favanne pour la chapelle du château de Chanteloup sont donc tous dans les collections du musée en 1801. Cependant quelques mois plus tard, Monseigneur de Boisgelin, nouvel archevêque de Tours nommé juste après la signature du Concordat, va exiger du préfet Pommereul un certain nombre de tableaux destinés à décorer les édifices religieux en réparation des dommages subis lors de la Révolution. Quarante-trois tableaux seront ainsi donnés en 1802 à l’archevêque « pour en faire telle distribution qu’il jugera à propos». Parmi la liste dressée de ces tableaux on peut relever la mention de six des sept tableaux peints par Henri de Favanne pour Chanteloup. L’arrivée en Egypte restera au musée, alors que les autres peintures de ce cycle seront dispersées dans les églises et les congrégations du diocèse. Il est possible que L’arrivée en Egypte soit restée au musée en raison de son état, l’œuvre était sans doute plus abîmée que les autres, Rougeot avait noté en 1794 que deux d’entre elles étaient « gâtées de vétusté ». Cet état expliquerait également la raison pour laquelle ce tableau ait été conservé dans les réserves du musée.

Parmi les autres tableaux du cycle, seule La présentation de la Vierge a été à ce jour localisée (Tours, couvent de la Bretèche). Il est possible cependant que les autres œuvres soient conservées, sans doute sous une mauvaise attribution, dans un édifice religieux à Tours ou dans les environs proches de la ville.

La fidélité de Favanne au classicisme est perceptible une fois encore sur ce tableau de Tours. La mise en page claire, avec des plans successifs bien cadrés par l’architecture, facilite une appréhension directe du sujet. Le volume solide des personnages, aux corps bien détachés les uns des autres, donne à cette œuvre une présence forte et presque sculpturale. Le visage de l’ange aux yeux ronds et noirs est caractéristique de la manière de l’artiste, on retrouve en effet ce type physique sur de nombreuses œuvres de Favanne en particulier La séparation de Télémaque et d’Eucharis (Moscou, musée Pouchkine) ou encore La prédication de saint Jean-Baptiste (Paris, musée du Louvre). Quelques accessoires font une allusion concrète bien que discrète à l’Egypte, l’obélisque, la pyramide, et le crocodile porté en procession par les prêtres, mais sans que cela ne vienne perturber la scène principale.

Le Detroit Institute of Arts a acquis en 1984 deux esquisses préparatoires d’Henri de Favanne pour deux des tableaux de la chapelle de Chanteloup, l’une pour L’Adoration des Mages et la seconde pour L’arrivée en Egypte conservée au musée de Tours. Il n’existe pas réellement de variante entre cette œuvre préparatoire et celle de Tours, ce qui laisse penser qu’il s’agit non pas d’une première pensée de l’artiste mais d’un tableau destiné à recevoir l’agrément du commanditaire.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008