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18e siècle

La Chute de Phaéton

FAVANNE Henri de

Londres, 1668 - Paris, 1752

La Chute de Phaéton

Huile sur toile

102 x 129 cm.

Achat galerie Aaron, Paris, 1983

Inv. : 1983-5-1

Notice complète

Cousin de la Contamine donne une description du décor réalisé par Henri de Favanne pour le salon de Phaétonau château de Chanteloup : « Sallon dont le plafond a 37 pieds de longueur sur 28 de largeur [environ 12 mètres sur 9] (je ne sais les dimensions d’aucune des voussures). Il y a peint la chute de Phaëton, et les ravages que le soleil écarté de sa route occasionna dans le ciel et sur la terre. Huit tableaux placés sur les portes, la cheminée, et autres endroits sont liés au plafond et représentent diverses suites du sujet ».

Le musée de Tours a pu acquérir, sur le marché de l’art en 1983, cette étude préliminaire d’Henri de Favanne pour la vaste composition qui ornait le plafond du salon de Phaéton. Ce modello représentant La chute de Phaëton, met en place les figures principales de l’œuvre définitive, détruite dans le premier quart du XIXe siècle, mais qui nous est en partie connue grâce à une esquisse conservée au musée des beaux-arts d’Orléans. Ce tableau d’Orléans a été publiée par Mary O’Neill en 1981 comme une : « copie [d’après Henri de Favanne] de la partie centrale du plafond » (5). Dans un article publié trois ans plus tard, Antoine Schnapper souligne le caractère modeste de ce tableau mais ajoute : « il s’agit certainement de l’ensemble du plafond. Copie ?.. il pourrait s’agir d’une esquisse de premier jet qui présente en tous les cas d’importantes variantes avec une « esquisse finie » partielle récemment réapparue et que vient d’acheter le musée de Tours ». En revanche Eric Moinet de façon plus affirmative, propose de reconnaître dans cette œuvre « la préparation très aboutie [d’Henri de Favanne] pour le décor du plafond du château de Chanteloup».

Largement éclairée par la nuée dorée et flamboyante du char d’Apollon, l’œuvre de Tours est modulée avec douceur dans la palette habituelle de l’artiste qui utilise des coloris subtils de roses, bleus, gris perle, gris argentés et mauve. Les gestes expressifs des personnages, les corps qui se plient, se retournent, éblouis par la lumière violente qui perce les nuées, offrent à cette composition tourbillonnante un rythme qui répond magnifiquement aux exigences d’un décor plafonnant. L’organisation des groupes de figures et le traitement des masses d’ombre et de lumière, s’inspirent de la série des treize tableaux sur l’histoire de Minerve réalisée en 1688 par Houasse pour la salle de billard à Trianon. A plusieurs reprises dans ce cycle décoratif pour Chanteloup, Favanne montre son attachement aux leçons de Houasse qui fut un immense décorateur. Un important et exceptionnel ensemble de vingt-sept dessins d’Henri de Favanne est passé en vente en 1995 à Monaco, la majorité de ces feuilles étant des dessins préparatoires pour le décor de Chanteloup. L’un de ces dessins présente deux des figures féminines que l’on retrouve sur l’esquisse de Tours : la femme assise à droite se réchauffant la main droite aux flammes du chaudron, mais dans une position légèrement différente ; la deuxième étude montre la femme qui se tient debout au-dessus du groupe placé à gauche.

Il est probable que ce modello ait appartenu à Bouteroue d’Aubigny, on trouve en effet sur son inventaire après décès effectué dans sa demeure parisienne : numéro vingt-six « un autre tableau peint sur toille de moyenne grandeur dans sa bordure….représentant La chute de Phaéton prisé soixante Livres ».

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008