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18e siècle

Portrait de Mademoiselle de Charolais « pinçant de la guitare »

GOBERT Pierre (Atelier de)

Fontainebleau, 1662 - Paris, 1744

Portrait de Mademoiselle de Charolais « pinçant de la guitare »

Huile sur toile

130 x 98 cm.

Saisie révolutionnaire à l’abbaye de Beaumont-lès-Tours, 1794

Inv. : 1793-4-3

Notice complète

Ce dernier portrait provenant de l’abbaye de Beaumont-lès-Tours et appartenant aux collections de Mademoiselle de Vermandois, représente l’une de ses sœurs aînées, Louise-Anne de Bourbon-Condé, Mademoiselle de Charolais (1695-1758). Une fois encore l’inventaire de 1790 mentionne l’identité exacte de cette jeune femme mais les premiers catalogues du musée sèment la confusion en proposant le nom de Mademoiselle de Beaujolais, fille du Régent. L’erreur sera corrigée par Boris Lossky en 1962, l’ancien conservateur du musée de Tours pour cette identification ne se référait pas alors à l’inventaire de la période révolutionnaire mais à une célèbre gravure réalisée par Adolphe Varin en 1869 représentant la princesse déguisée en capucin. Plusieurs portraits offrent l’image de Mademoiselle de Charolais portant cette tenue des moines franciscains.

Cette oeuvre est l’un des nombreux exemples de portraits de jeunes femmes jouant de la guitare, peints au XVIIIe siècle. Cet instrument va connaître en effet une grande faveur pendant le règne de Louis XIV, et le XVIIIe siècle donnera naissance à des guitares d’un grand raffinement incrustées de nacre et d’ivoire. Leur usage est alors destiné à la famille royale et à son entourage. Celle dont joue Mademoiselle de Charolais sur ce portrait appartient à ce type d’instrument particulièrement luxueux, comme en témoigne la marqueterie de quatre feuilles de nacre sur la touche, et s’apparente au modèle que le grand facteur Jean Voboam a réalisé en 1687 pour Marie-Thérèse de Bourbon-Condé, tante de la jeune femme. On trouve des modèles assez proches réalisés également par Jean Voboam en particulier au Gementeemuseum de La Haye et au Royal College of Music de Londres qui permettent de suggérer que la guitare dont joue Mademoiselle de Charolais provient de l’atelier si réputé de ce facteur. Un portrait attribué à Jean-Marc Nattier, et dont il existe de nombreuses répliques, représente la princesse jouant également de la guitare, accompagnée d’un amour tenant une partition, l’instrument semble cette fois-ci provenir de l’atelier d’Alexandre Voboam et confirme l’immense succès de ces facteurs de guitares auprès de la famille royale.

Boris Lossky souligne que ce portrait nous rappelle que « Mademoiselle de Charolais improvisait de pétillantes et caustiques chansonnettes-épigrammes ». La mise en page, au fond de décor très dépouillé, valorise la grâce et le raffinement du modèle au visage rond et encore juvénile marqué par une fossette au menton, aux joues fardées de rose, visage presque redondant dans la production si vaste de Pierre Gobert. Si la guitare s’avère l’élément essentiel de cette composition, la position délicate des doigts, la robe de mousseline légère et brodée de guirlandes de fleurs, affirme la qualité de la jeune femme.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008