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18e siècle

La Flagellation du Christ

GODEFROY DE VEAUX Joseph-Ferdinad-François

?, 1729 - Paris, 1788

La Flagellation du Christ

Huile sur toile

184 x 125,5 cm.

Provenance inconnue

Inv. : 1825-1-25

Notice complète

Les dictionnaires biographiques des artistes restent très laconiques sur Joseph-Ferdinand-François Godefroy de Veaux, connu essentiellement comme l’un des restaurateurs de peintures les plus actifs dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Il succède dans cette activité à son père Ferdinand-Joseph, peintre-restaurateur venu d’Anvers, chargé de l’entretien des collections royales, décédé en 1741 ; et à sa mère Marie Jacobe, qui règne véritablement sur ce domaine à Paris et à Versailles jusqu’à sa mort en 1775. Elève de Charles Natoire, Joseph-Ferdinand-François se destinait probablement et en priorité à une carrière d’artiste. En 1752 il obtient le privilège d’accompagner Natoire à Rome sans avoir concouru au Grand Prix. Ce séjour en Italie sera particulièrement long puisqu’il ne rentre en France que sept ans plus tard, mais les échanges réguliers de courrier entre Natoire et Marigny montrent à quel point ils seront déçus par les résultats de ce pensionnaire. Quelques années après son retour à Paris le nom de Joseph Ferdinand François apparaît, parfois associé à celui de sa mère « la veuve Godefroy », pour des travaux de restauration. En 1765 il restaure les peintures du Salon de la Paix à Versailles, où il interviendra ensuite régulièrement, pour le Salon des Nobles, l’escalier des Ambassadeurs…. Son activité sera particulièrement intense entre 1783 et 1786, les comptes des Bâtiments du Roi mentionnent pour cette seule période près de quarante restaurations réalisées par Godefroy. Le nombre de tableaux réalisés par cet artiste et répertorié est en revanche extrêmement réduit, outre le tableau conservé au musée de Tours, on peut citer deux toiles dans l’église Saint-Nicolas-des-Champs Saint Charles Borromée donnant la communion aux pestiférés et Dieu le père bénissant, ainsi qu’une Adoration des bergers dans l’église de Mecé.

La Flagellation du Christ

La provenance de ce tableau est inconnue mais sa présence dans les collections du musée est attestée par un document d’archives daté du 8 Germinal de l’an 11 (18 avril 1803). Dans ce document Jean-Jacques Raverot, conservateur du musée, mentionne ce tableau de godefroy devaux, en précisant qu’il lui a mis « une bordure d’encadrement » mais sans indiquer son origine. Il est vraisemblable cependant que l’œuvre ait été saisie pendant la période révolutionnaire dans une église ou dans une congrégation religieuse de Tours ou de ses environs. Boris Lossky suggérait qu’il y avait peut être un lien entre l’existence de ce tableau à Tours et le fait que Godefroy de Veaux avait restauré en 1785 les tableaux de Lesueur de l’abbaye de Marmoutier pour le compte des Bâtiments du Roi. Ce travail cependant n’a pas été effectué à Tours mais à Paris, et les pièces d’archives, concernant cette restauration et les déplacements des oeuvres de Lesueur, ne signalent jamais l’existence de ce tableau de Godefroy de Veaux. Le mémoire rédigé par Godefroy mentionne en revanche précisément la liste des tableaux restaurés à cette occasion : La sainte Scholastique par Le Sueur…. La messe de saint Martin de Tours…. Saint Louis lavant les pieds des pauvres…. Le Martir de saint Sébastien… et enfin le Christ à la colonne de Le Sueur. Ce Christ à la colonne (Paris, musée du Louvre) longtemps classé parmi les œuvres de Le Sueur, est aujourd’hui attribué à Simon Vouet, il mérite d’être signalé car des éléments de cette composition ont peut être pu inspirer Godefroy pour son tableau. Est-ce cette Flagellation qui est mentionnée sous le numéro 255 de l’inventaire du musée rédigé en l’an X, avec des dimensions légèrement différentes ?

Le peu de tableaux répertoriés de Godefroy de Veaux rend extrêmement difficile une quelconque étude comparative. Cependant Philippe Bonnet a localisé en 1992 une Adoration des bergers dans l’église de Mecé (Ile et Vilaine) qui grâce à une restauration récente a permis de révéler la signature de l’artiste et la date de 1784. Réalisée deux ans après La Flagellation du Christ, la découverte de cette œuvre est particulièrement intéressante car elle présente des analogies importantes avec l’œuvre conservée à Tours. Les deux tableaux sont en effet très proches, on trouve sur ces deux toiles des types de visages semblables et la même façon de traiter les drapés avec une réelle habileté. En revanche on sent l’artiste maladroit dans la représentation de certains détails anatomiques, ainsi le cou très court de ses personnages fait que la tête se rattache souvent de manière disgracieuse et même impossible au reste du corps. La composition de Tours manque certes d’originalité, et se présente comme une sorte de résumé d’images vues et partiellement recopiées, l’artiste de toute évidence s’inspire ici des compositions étudiées en France ou à Rome ou encore de celles sur lesquelles il est intervenu en tant que restaurateur

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008