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18e siècle

Paysage au soleil couchant avec des paysans dansant devant des ruines.

LALLEMAND Jean-Baptiste

Dijon, 1716 - Paris, 1803

Paysage au soleil couchant avec des paysans dansant devant des ruines.

Huile sur toile

77,5 x 110 cm.

Saisie révolutionnaire, château de Chanteloup, 1794

Inv. : 1825-1-4

Notice complète

Cet artiste dijonnais après un court passage à Paris où il est reçu à l’Académie de Saint-Luc, se fixe à Rome pendant près de quatorze ans, entre 1747 et 1761, et sera définitivement marqué par l’intense mouvement de redécouverte de l’Antiquité qui anime alors les milieux artistiques internationaux. Ses paysages composés, qui associent ruines antiques et monuments du Baroque romain, répètent des schémas traditionnels mais ne manquent pas de charme. Dans ces peintures Jean-Baptiste Lallemand montre son attachement aux productions de Pannini et de Piranèse. Mais l’Italie n’est pas l’unique source d’inspiration de l’artiste qui emprunte fréquemment ses thèmes aux peintres néerlandais. Ses haltes de cavaliers, scènes villageoises et champêtres sont à ce titre de véritables pastiches des œuvres de Wouwerman ou Berchem.

De retour en France, Lallemand montre un vif intérêt pour les édifices médiévaux et pour les paysages urbains. La finesse d’exécution et la précision de ses dessins lui valent d’être associé en 1770 à la Description générale de la France de Benjamin de la Borde, et en 1784 au Voyage pittoresque de la France. Il se consacreraà ces descriptions scrupuleuses, avant de peindre le Paris révolutionnaire, dont le musée Carnavalet possède les plus beaux exemples

Paysage au soleil couchant avec des paysans dansant devant des ruines.

Ce tableau a longtemps été classé parmi les œuvres de provenance inconnue, il semble cependant que l’on puisse, sans trop d’hésitation, l’identifier avec un paysage saisi en 1794 au château de Chanteloup. Les différents inventaires révolutionnaires concernant cette saisie mentionnent un tableau dont la description correspond à celui-ci ; le premier inventaire des collections du musée de Tours rédigé en l’an X (1801) en précise même la hauteur et permet de confirmer cette identification. Des traces révèlent que l’œuvre devait initialement être cintrée sur la partie supérieure.

Attribué à Nicolas Berghem sur les inventaires révolutionnaires, puis classé parmi les œuvres anonymes, françaises ou italiennes, Boris Lossky, conservateur du musée, a proposé en 1962 d’attribuer ce tableau à Jean-Baptiste Lallemand. Malgré ses imperfections, cette toile au charme anecdotique, peut être en effet classée parmi la production de l’artiste. L’œuvre de Lallemand est assez inégale, s’il se montre précis, méticuleux et exact lorsqu’il dessine les villes ou monuments des provinces de France, son œuvre peint révèle parfois bien des faiblesses. L’intérêt de ce paysage composé, présenté en dessus de porte à Chanteloup, est essentiellement décoratif. On sait que Lallemand travailla régulièrement, à son retour d’Italie, au décor de demeures particulières, notamment pour le château de Curis-au-mont-d’Or près de Lyon ou encore à Paris pour l’hôtel de Chartraire de Montigy, il aurait pu réaliser ce paysage pour le duc de Choiseul à Chanteloup, mais sa présence en Touraine n’est pas attestée.

L’œuvre peut être rapprochée de plusieurs paysages de l’artiste, en particulier Le Soir et Ruines romaines (Dijon, musée des beaux-arts) sur lesquels l’on retrouve une façon identique de traiter l’horizon bas et large qui permet une grande échappée vers le lointain, délicatement brumeux. La mise en page claire, bien équilibrée semble copier sans originalité, une formule apprise. L’importance laissée au ciel, les arbres de convention, frêles et presque morts, les buissons touffus, l’architecture ruinée et rongée par la végétation, appartiennent au registre de l’artiste qui semble répéter avec prudence et une certaine monotonie une formule garantie de succès auprès des amateurs.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008