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18e siècle

Baigneuse et sa suivante

LEMOYNE François, atelier de

Paris, 1688 - Paris, 1737

Baigneuse et sa suivante

Huile sur toile

163 x 117 cm.

Fonds de la récupération artistique, envoi de la direction des musées de France à titre d’échanges de dépôt, 1952

Inv. : D. 1952-7-1

Notice complète

Cette toile est une réplique d’atelier ou une copie de très belle qualité de La Baigneuse composée par François Lemoyne pour François Berger en 1724. Cette œuvre connut alors un immense succès qui se révèle notamment par les nombreuses compositions qui multiplieront l’image de cette « Jeune femme prête d’entrer dans le bain, accompagnée de sa Suivante … ». On sait que Berger après avoir commandé deux premiers tableaux à Lemoyne se « proposa d’orner entièrement un cabinet des œuvres de M. le Moine… il lui demanda encore trois autres tableaux, qui sont l’Hercule et Omphale, la Femme qui entre dans le bain et le Tems qui découvre la Vérité… ». L’artiste part pour Rome en décembre 1723, et c’est en Italie qu’il réalise Hercule et Omphale et La Baigneuse. Le comte de Caylus mentionne « la Femme qui entre dans le bain qu’il [Lemoyne] commença à Bologne, auquel il travailla à Venise et qu’il termina à Rome ». Nonnotte pense comme Mariette que le tableau fut au contraire commencé à Rome et terminé à Venise. Mariette précise : « …l’un peint à Rome Hercule et Omphale et l’autre, commencé à Rome et terminé à Venise, une jeune fille qui se lave les pieds lui font honneur. L’on voit bien qu’il a su profiter de la veue des ouvrages de Paul Véronèse et surtout de ceux du Parmesan, dont il tâche d’imiter les tours gracieux… ».

L’original de La Baigneuse entre dans les collections d’Etienne-Michel Bourdet en 1747 puis sera acquise par Jean-Joseph de Laborde en 1761 avant d’apparaître aux mêmes ventes et de faire partie des mêmes collections que le Pygmalion et Galatée jusqu’en 1811. L’œuvre va ensuite en quelque sorte disparaître pendant près d’un siècle puis sera signalée une première fois à Paris en 1930 puis dans diverses collections particulières en Amérique du Sud. Ce n’est qu’en 1993 qu’elle réapparaît sur le marché de l’art.

Parmi les nombreuses répliques répertoriées de La Baigneuse, celle conservée à Tours est considérée comme l’une des meilleures versions. Une restauration effectuée en 1988 a révélé quelques pointillés de repères posés sur une couche picturale intermédiaire entre l’apprêt et la finition. Ces points visibles notamment sur l’ovale du visage et au bout de plusieurs doigts attestent que cette œuvre est une réplique d’atelier. La finesse et la qualité d’exécution, le raffinement des détails, la maîtrise parfaite de la touche, en particulier pour la représentation des chairs, peuvent laisser penser que l’œuvre a peut être été réalisée par l’un des élèves les plus brillants de Lemoyne, avec l’intervention du maître lui même. Jean-Luc Bordeaux suggère que ce tableau pouvait être celui peint par le beau-frère de l’artiste, François-Albert Stièmart qui après la mort de François Lemoyne : « le 17 juin 1737, appose les scellés et déclare qu’il est en droit de réclamer, plusieurs tableaux lui appartenant, entre autres il avait copié une Baigneuse d’après son beau-frère ».

Une grande sensualité se dégage de cette œuvre et explique vraisemblablement son immense succès. Nonotte raconte que Lemoyne a montré sa Baigneuse à Ricci et que celui-ci « la loua beaucoup » mais lui conseilla de corriger le pied droit de la jeune femme afin qu’il fasse une ligne droite avec la jambe. La délicatesse avec laquelle la jeune femme effleure l’eau avec ce pied, le corps tendu par l’impression ressentie à ce contact froid, exploite selon Jean-Luc Bordeaux une nouvelle sensation en art, le frisson.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008