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18e siècle

La Foire de Bezons

PARROCEL Joseph

Brignoles, 1646- Paris, 1704

La Foire de Bezons

Huile sur toile

158 x 204 cm.

Saisie révolutionnaire au château de Chanteloup, 1794.

Inv. : 1794-1-23

Notice complète

Joseph Parrocel est le dernier fils du peintre brignolais Barthélemy Parrocel (1595-1660), auprès de qui il reçoit un premier enseignement artistique ; à la mort de ce dernier il continue son apprentissage auprès de son frère aîné Louis (1634-1694) puis quitte sa ville natale pour Marseille, où d’après Dezallier d’Argenville, il est employé à peindre l’intérieur des navires. En 1763, Joseph Parrocel arrive à Paris et part quatre ans plus tard pour Rome où il devient l’élève de Jacques Courtois. Il séjourne huit années dans la Ville éternelle et revient à Paris où il est agréé en 1676 puis reçu la même année à l’Académie royale, comme peintre d’histoire sur présentation du Siège de Maestricht (Versailles, musée national du château et de Trianon). Grâce à la protection du ministre Louvois il bénéficie trois ans plus tard d’une commande importante pour l’Hôtel des Invalides, décorant l’un des quatre réfectoires de larges fresques à la gloire des conquêtes militaires de Louis XIV en Hollande. Ce n’est qu’à partir de 1684 que le peintre réalise ses premiers tableaux pour le château de Versailles, il peint notamment un ensemble de onze peintures pour la salle du Grand Couvert. Parrocel travaille également pour le château Marly, pour l’Hôtel de Soubise… S’il fut l’un des plus dignes représentants de la peinture de bataille du règne de Louis XIV, il ne put cependant rivaliser avec Van der Meulen. Parrocel travailla également pour l’Eglise, notamment pour Notre-Dame des Victoires et fut un excellent graveur.

Le foire de Beuzons

Dezallier d’Argenville (1680-1765), dans la notice biographique qu’il consacre à Joseph Parrocel, mentionne ce tableau et précise qu’il a été peint pour Louis XIV avec quatre autres toiles représentant les Quatre parties du monde. Cependant les comptes des bâtiments du Roi ne confirment pas cette commande. L’auteur indique également que ces tableaux furent donnés au comte de Toulouse et passèrent à l’Hôtel de La Vrillière, mais ils ne sont pas signalés dans les documents d’archives concernant cet Hôtel acheté par le comte en 1712. En revanche on retrouve La Foire de Bezons sous le nom de « Parosel des Gobelins » sur l’inventaire des tableaux envoyés du château de Chateauneuf-sur-Loire. Ce tableau entre dans les collections du musée en 1794 sans nom d’auteur mais est mentionné sur l’inventaire de l’an X sous celui de « Parrocel d’Avignon » (Pierre Parrocel). Le premier catalogue du musée publié en 1825 remarque avec juste raison : « Quoique le tableau décrit ci-après soit attribué par le Musée central à Parrocel d’Avignon, neveu de Joseph, nous croyons cependant qu’il appartient plutôt à l’oncle, qui, dans sa composition, a traité l’histoire comme les batailles qui étaient son genre favori ». Après plusieurs timides et vagues attributions il faut attendre 1959 et les recherches menées par Antoine Schnapper sur Joseph Parrocel pour que ce grand tableau retrouve enfin son auteur. En se référant aux textes de Dussieux et de Dezallier d’Argenville Schnapper put également identifier avec certitude le sujet iconographique de ce tableau. L’œuvre, longtemps cataloguée sous le titre de « Fête vénitienne » décrit en fait la célèbre foire qui se tenait annuellement au mois de septembre près de Paris dans la petite bourgade de Bezons. Le thème de la Foire de Bezons connut un grand succès en France à la fin du XVIIe siècle, popularisé notamment par les auteurs dramatiques. Florent-Carton Dancourt présente au Théâtre-Français en 1695 une comédie portant ce titre, la même année les comédiens italiens jouent Le Retour de la Foire de Bezons sur les planches de l’Hôtel de Bourgogne. Parrocel va exploiter ce sujet en insistant sur l’aspect pittoresque de l’événement. Dans un cadrage largement panoramique, comme il sait si habilement le faire dans ses grandes scènes de bataille, l’artiste anime sa composition au premier plan par des personnages costumés qui font la fête. L’arlequin de la commedia dell’arte danse avec une jeune femme qui joue du tambour de basque, et d’autres personnages, cavaliers, musiciens... portent des costumes exotiques. Parrocel a souhaité peut-être privilégier ici ces théâtres de plein air qui étaient régulièrement en représentation à l’occasion de ces grandes foires, à moins qu’il n’ait voulu représenter cette foule bigarrée et déguisée qui se retrouvait sur ces fêtes. Il est certain que sa manière de traiter ce sujet semble unique en comparaison avec les autres tableaux sur ce thème, notamment les morceaux de réception de François Octavien peint en 1725, de Bonaventure De Bar présenté trois ans plus tard (Paris, musée du Louvre), ou encore de Jean-Baptiste Pater, vers 1730-1736 (New-York, The Metropolitan Museum of Art).

On retrouve sur ce tableau de Parrocel certaines caractéristiques constantes de son œuvre. L’artiste profondément marqué par son séjour italien, et notamment par son passage à Venise évoqué par Dezallier d’Argenville, construit sa composition en deux plans fortement contrastés, le premier plan sombre largement éclairé par l’horizon bleuté presque blanc parfois. La facture, très libre et grasse, est travaillée dans une palette riche avec de légers empâtements dorés. Enfin, certains détails sont communs à de nombreuses compositions de l’artiste en particulier le grand arbre tordu à gauche qui est, comme l’a souligné Antoine Schnapper, la véritable signature de Joseph Parrocel,. Ce tableau que l’on peut dater de la fin de la carrière de l’artiste, soit vers 1700-1704, en comparaison avec d’autres œuvres de cette période, comme Le Passage du Rhinà Tolhuis en 1672, 1699 (Paris, musée du Louvre) est considéré comme un prélude important au développement de la fête galante qui connut peu après le succès que l’on sait.

Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe s. Musée des Beaux-Arts de Tours / Château d'Azay-le-Ferron, par Sophie Join-Lambert

Silvana Editoriale, 2008