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19e siècle

Vue de Langeais

OUVRIÉ Pierre Justin

Paris, 1806 - Rouen, 1879

Vue de Langeais

Huile sur carton

H. 48 cm. ; L. 40 cm.

Acquis de M. Bachelier, antiquaire à Tours, 1954

Inv. 1954-6-1

Notice complète

Spécialisé dans les paysages urbains et les représentations de monuments, Ouvrié correspond au type de l’artiste voyageur dont les exemples se multiplient à la génération romantique, celle des Richard Parkes Bonington (1802-1828), Horace Vernet (1789-1863), Eugène Isabey (1803-1886), Jules Coignet (1798-1860), Adrien Dauzats (1804-1868)… Ami de ce dernier, il collabore à ses côtés à l’illustration des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France de son maître et parrain, le baron Taylor (Isidore Justin Séverin Taylor, 1789-1879), et participe à l’aventure de la lithographie dont la technique, adaptée à l’édition, devient le mode d’expression privilégié de la sensibilité moderne. Bien que formé par Abel de Pujol (1785-1861) à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il reçoit un enseignement académique empreint de néoclassicisme, il s’oriente vers le paysage et obtient un grand succès sous la Monarchie de juillet avec des sujets rapportés de ses multiples voyages en France et à l’étranger. En 1832, il figure parmi les « découvreurs » de la Bretagne et, en route pour l’Italie, la même année, s’arrête à Vienne et à Nice. Auparavant, il randonne en forêt de Compiègne et à Pierrefonds puis visites les Pyrénées, la Savoie, la Suisse. Il se rend à Gand et Anvers en 1837, puis à Amsterdam autour de 1850. On le trouve encore en Auvergne, dans les Vosges, en Alsace, en Allemagne, en Normandie, puis en Angleterre et en Ecosse d’où il rapporte des éléments lui permettant de répondre à la commande par l’Etat d’une vue d’Edimbourg et du monument de Walter Scott.

Présent au Salon de 1831 à 1873, il recueille des médailles en 1831 et 1845 ainsi qu’à l’Exposition universelle de 1855. L’année précédente, la Légion d’honneur couronne cet artiste prolifique dont l’œuvre, extrêmement abondant, est aujourd’hui bien représenté dans les musées français.

Vue de Langeais

De multiples descriptions de sites remarquables de Touraine et du Val de Loire attestent un voyage d’Ouvrié dans la région. De 1843 à 1847, il expose au Salon à Paris des représentations de Chenonceaux, d’Azay-le-Rideau, d’Ussé que surpassent en nombre les sujets consacrés à Amboise.

La Vue de Langeais se présente comme une étude assez poussée en raison de son format modeste comparé aux tableaux ambitieux d’une facture plus aboutie que l’artiste réserve pour les expositions. La matière fine et légère, aux transparences d’aquarelle, rappelle la maîtrise obtenue par Ouvrié dans cette technique qu’il utile, alternativement avec la peinture, pour ses envois au Salon. Dessinateur consciencieux, il trace avec régularité l’alignement des maisons qui bordent la rue principale de Langeais. Toutefois, la sécheresse qui caractérise souvent ses architectures est absente ici grâce à l’emploi d’un trait souple, en raison également de son caractère inachevé de la composition, perceptible dans l’angle inférieur gauche et dans le traitement du ciel.

Par une efficace utilisation de la lumière, il souligne la perspective qui s’achève sur la façade du château, sujet principal de la peinture. Devenu de nos jours au haut lieu du tourisme local, la forteresse médiévale est dès le 19e siècle l’objet de la curiosité des artistes. En témoignent les planches laissées par Théodore Frère (1814-1888) dans La Touraine ancienne et moderne de Stanislas Bellanger publié en 1845 et Karl Girardet (1813-1871) dans La Touraine. Histoire et monuments de l’abbé Jean-Jacques Bourassé publié à Tours chez Mame en 1855 participant ainsi à la prise de conscience du patrimoine national.