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19e siècle

Intérieur de l'église Saint-Laurent-hors-les-murs, à Rome (1848)

POIROT Pierre Achille

Alençon, 1997 - Paris, 1865

Intérieur de l'église Saint-Laurent-hors-les-murs, à Rome (1848)

Huile sur toile

H. 49 cm. ; L. 60 cm.

Dépôt de l'Etat, 1852. Tranfert de propriété de l'Etat à la ville de Tours, 2010

Inv. 1852-1-2

Notice complète

Poirot bénéficie d’une formation d’architecte à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, où il est admis en 1816 comme élève de Jean-Nicolas Huyot (1780 – 1840, architecte ayant participé à la construction de l’Arc de Triomphe)) et d’Auguste Guénepin (1780 – 1842), et se destine à cette carrière. A son retour d’Italie en 1828, il est désigné par l’Institut au ministre de l’Intérieur pour faire partie de l’expédition scientifique de Morée (Péloponnèse, 1828-1933). En qualité d’architecte, il est associé à la troisième section de la mission, celle d’architecture et de sculpture. Poirot participe aux relevés effectués dans la péninsule grecques dans le but de publier « un ouvrage du genre de celui de la Commission d’Égypte ». La surdité qui le frappe à la suite d’un grave accès de fièvre au cours de son voyage le contraint à renoncer à sa vocation et il se tourner vers la peinture. En 180, fuyant les troubles des Trois Glorieuses (révolution des 27, 28 et 29 juillet portant sur le trône Louis-Philippe), il entreprend un voyage avec Jean-Baptiste Corot (1796 – 1872), rencontré à Tivoli en 1827. Une profonde amitié lie pendant de longues années les deux artistes ; qui ont pris en Italie l’habitude de travailler ensemble. De leur séjour à Chartres, ils rapportent d’importantes vues de la cathédrale. À partir de 1839, il expose au Salon les vues de monuments, principalement italiens, dont il fait désormais sa spécialité et obtient plusieurs commandes de l’État (Vue de l’église souterraine de Saint-François d’Assise, 1845, Dinan, musée municipal ; Intérieur de l’église Saint-Marc, Venise, 1850, médaille de 3e classe, Paris, Palais de l’Elysée)

Intérieur de l'église Saint-Laurent-hors-les-murs, à Rome (1848)

Au Salon de 1849, Poirot ne présente que des œuvres inspirées par l’Italie. Grâce à l’intervention de son ami Corot auprès du ministre en août 1848, il obtient la commande d’un sujet libre, dont l’esquisse doit être soumise à l’approbation de la direction des Beaux-Arts. Ce sera Venise vue de la Piazzetta (déposée au musée du Havre e, 1850), tableau auquel il joint un autre sujet vénitien, un monument florentin, la vue d’une église de Bologne et la peinture du musée de Tours. Les raisons de l’attribution au musée ne sont pas documentées mais il faut s’interroger sur le rôle éventuel joué par Guillaume-Abel Blouet (1795 – 1853) à cette occasion. Chef de la section Architecture et Sculpture de la mission en Morée, à laquelle Pierre-Achille Poirot participe, il est aussi chargé des travaux de construction de la colonie pénitentiaire de Mettray, au nord de tours, entre 1836 et 1839. Ses relations avec le milieu philanthropique local et les autorités tourangelles peuvent avoir influé sur la décision du ministère de l’Intérieur en faveur du musée de Tours.

Depuis leur séjour en commun à Rome en 1827, une longue amitié unit Poirot et Corot. Celui-ci n’hésite pas à attirer l’attention des pouvoirs publics sur la situation de e malheureux père de famille », dont le handicap physique a étouffé les promesses d’une belle carrière. A son tour, Poirot adresse une supplique au ministre, relatant les circonstances de la maladie survenue lors de l’expédition en Grèce, qu’il a cependant, malgré ses souffrances, tenue à mené à son terme. En raison des « infirmités contractées au service du ministère », il demande qu’une pension lui soit allouée ou une place de conservateur accordée à Paris ou en province, afin de les faire vivre, sa famille et lui-même.

Nombreux sont les peintres à développer les vues d’intérieur de couvent, de cloîtres ou d’églises, un genre qui se réclame de la tradition hollandaise du 17e siècle. Cependant, à la différence de bien des artistes qui montrent des scènes de piété contemporaine, Poirot anime l’espace d’un épisode emprunté au passé et dont les acteurs donnent l’échelle du monument.

Dénuée des inflexions sentimentales véhiculées par les peintres dits troubadours et Tony Robert-Fleury (1837 – 1911) en particulier, la vue de Saint-Lurent-hors-les-murs permets surtout à l’artiste d’apaiser sa frustration d’architecte. La basilique est située sur la Via Tiburtina, itinéraire très fréquenté par les artistes puisqu’il permet d’accéder à Rome en venant de Tivoli, autre citée fort fréquentée par les artistes.

Construite au IVe siècle, sous le règne de l’empereur Constantin, remaniée au début du 13e siècle sous le pontificat d’Honorius III, l’édifice subit des transformations importantes vers 1870, à l’initiative du pape Pie IX qui s’y fait inhumer en 1878. Les plafonds à caissons, que l’on voit sur la peinture de Poirot, sont supprimer au profit d’une charpente apparente, de même les fresques du chœur sont dégagées pour laisser le mur de brique apparent. Ces travaux visent à retrouver une mythique beauté originelle, plus conforme à l’idée que se fait le 19e siècle des constructions du temps de Constantin. Il en va de même pour le maître-autel, surmonté ici par un dôme, qui sera remplacé en 1862 par un édicule à deux étages de colonnettes de marbre blanc. Ni les pavements à motifs circulaires, ni les mosaïques de l’arc central n’ont été modifiés. Poirot restitue dans toute la fraîcheur de leurs marbres polychromes ces constantes du vocabulaire décoratif qui conservent intact leur pouvoir d’évocation du style romain. En particulier la chaire de gauche, réservée à la lecture des Epîtres, que l’artiste baigne d’un rayon de soleil et le baldaquin du maître-autel sous lequel se trouve l’entrée de la crypte menant au tombeau de saint Laurent. Plongeant le reste de l’édifice dans une pénombre propice au recueillement, l’éclairage mis en place par le peintre laisse apparaître la longue perspective linéaire et toute la profondeur de cet édifice remarquable.