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19e siècle

Portrait du marquis de Beaumont

BEAUMONT Hugues de

Chouzy, 1874 - Rouziers-de-Touraine, 1947

Portrait du marquis de Beaumont

Huile sur toile

246 x 148 cm.

Don de l'artiste, 1921

Inv. 1920-4-2

Notice complète

Petit-fils de John Abat, un important marchand de la Nouvelle-Orléans, élève de Gustave Moreau, de Chartran et de Maignan, à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris de 1894 à 1896, Hugues de Beaumont s’exprime simultanément à travers des portraits, des scènes de genre et des natures mortes qu’il expose régulièrement aux Salons depuis 1895. Il remporte une mention honorable au Salon des artistes français en 1899 avec une Chambre de malade et Intérieur de l’église Saint-Etienne à Toulouse, puis rejoint la Société nationale des Beaux-Arts en 1902, dont il devient membre du jury en 1913. A partir de 1933, il participe au Salon des indépendants dont il est avec Goulinat, un des membres fondateurs.

En 1895, avec un effet de crépuscule, puis en 1897, l’artiste remporte le prix Troyon de paysage, décerné par l’Académie des Beaux-Arts. Sa prestation en 1895 est remarquée par la critique qui en donne un compte rendu élogieux, la presse contemporaine accordant une place importante à cet évènement artistique parisien, auquel se soumettent près de soixante-dix peintres. Thadée Natanson donne, dans la Revue blanche, un écho favorable à son intérieur du Salon de 1897, amorçant le courant d’intérêt dont bénéficient auprès des observateurs les œuvres de Beaumont, lors des expositions annuelles, tant en France qu’à l’étranger. L’artiste participe en effet à plusieurs manifestations internationales ou la peinture française est représentée : à Chicago (1892), à Barcelone (1912), à New-York (exposition du comité Louis Thomas, 1920-1921), à Wiesbaden (1921), à Amsterdam (1926), à Bruxelles et à Tokyo (1928).

Si la première guerre mondiale met un frein provisoire à sa carrière en raison d’une grave blessure reçue devant Bapaume, Beaumont rapporte de ses trois années en captivité à Cassel et de son internement en Suisse en 1917 un ensemble d’études saisissantes, exécutées au fusain, au crayon et à l’aquarelle, et regroupées en 1919 dans un album édité chez Goutagny à Lyon.

Outre les dessins qui constituent certains de ses premiers envois aux Salons, il laisse également des eaux-fortes et des lithographies.

Traitée dans des compositions aux lignes équilibrées, son observation de la réalité qui bénéficie d’un dessin solide, est souvent teintée d’une amère ironie, alternant avec l’évocation empreinte d’émotion de sa propre famille ou d’intérieurs élégants et feutrés dont il se fit longtemps une spécialité.

Portrait du marquis de Beaumont

Collectés par l’artiste tout au long de sa vie, les commentaires suscités par la presse contemporaine par la présentation de ses œuvres donnent un aperçu de l’accueil généralement favorable que leur réserve la critique.

Thiébault-Sisson, pour Le Temps, juge que le « portrait d’homme en chasseur sur fond de paysage […] est bien l’œuvre la plus complète, la plus libre, la plus souple qu’ait exécutée Hugues de Beaumont jusqu’ici ». Il y a en effet de la grandeur et une sévère élégance dans ce portrait du marquis de Beaumont, cousin de l’artiste, figuré en tenue de chasseur devant un site où se reconnait le château de Beaumont-la-Ronce.

La composition en hauteur, privilégiant la représentation en pied du personnage, l’adoption d’un fond de paysage, rattachent l’œuvre à la tradition anglaise du portrait, perpétué à travers un genre alors à la mode, celui de l’effigie mondaine du Sportman se détachant sur la silhouette du château familial. La même année, le peintre anglais, Saint-Hélier Lander exécute le portrait d’Amable de Cadier, baron de Veauce (Moulins, musée Anne-de-Beaujeu) et, deux ans plus tard, Baschet expose une brillante image du comte de Bourbon-Lignières en chasseur (localisation inconnue), dans laquelle il reprend la même disposition que dans l’œuvre de Beaumont, donnant au modèle une posture identique.

Si les dessins préparatoires restés dans la famille de l’artiste révèlent des hésitations quant à la pose de la figure, ils attestent en revanche de sa maitrise du dessin, son habileté dans les draps et son sens de la synthèse dans le traitement du paysage.

La souple stylisation des frondaisons, la ligne incurvée de la falaise, le traitement aérien des nuages témoignent, par leurs inflexions symbolistes, de l’ouverture du peintre aux courants picturaux de son époque.

C’est en raison de relations suivies entretenues par Horace Hennion, conservateur du musée, avec Hugues de Beaumont que celui-ci décide en janvier 1921, encouragé par Paul Vitry, qui connait son œuvre, de donner le tableau au musée.