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19e siècle

Portrait de Berthe Cerny, sociétaire de la Comédie-Française

CAYRON Jules

Paris, 1868 - Paris, 1944

Portrait de Berthe Cerny, sociétaire de la Comédie-Française

Huile sur toile

H. 141 cm. L. 77 cm.

Don de M. Georges Poirier, industriel à Fondettes, 1946

Inv. 1947-60-1

Notice complète

Elève d’Alfred Stevens (1823 – 1906) et de Jules-Joseph Lefebvre (1834 – 1912) à Paris, Cayron rencontre un grand succès dans la période précédant la Première guerre mondiale, se faisant une spécialité du portrait mondain et de la scène de genre dans les intérieurs mondains. Il est alors le peintre attitré de l'aristocratie et du monde du spectacle. Jules devient l'ami du romancier Maurice Leblanc qu'il côtoie à Etretat l'été, il est d'ailleurs l'auteur du frontispice de la biographie d'Arsène Lupin de Francis Lacassin.
Il collabore régulièrement à l'illustration du journal Les modes à qui il adresse ses portraits de la haute société parisienne. Sociétaire de Artistes français, il expose régulièrement au Salon à partir de 1888, remportant plusieurs récompenses dès 1897. Sa participation à l’Exposition universelle de 1900 lui vaut une médaille d’honneur, tandis qu’il obtient une médaille d’or à l’Exposition internationale de 1937. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1907, puis officier en 1927.

Portrait de Berthe Cerny, sociétaire de la Comédie-Française, 1907

De son vrai nom Berthe Hélène Chondeur (1868 – 1940), Berthe Cerny débute à l’Odéon en 1885 et se produit sur les principales scènes parisiennes. Entrée à la Comédie-Française en 1906, devenue sociétaire en 1909, elle y entame une carrière dans Paraître de Maurice Donnay, où elle incarne Christiane Margès.

Elle interprète des rôles classiques comme celui de Célimène (Molière, Le Misanthrope), de Suzanne (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro), d’Araminte (Marivaux, Les Fausses Confidences), ou modernes, Clotilde dans La Parisienne d’Henry Becque, la baronne Irène de Rysbergue dans Maman Colibri d’Henry Bataille.

Le théâtre de la Comédie-Française conserve également dans ses collections un portrait de Berthe Cerny par Cayron qui présente des variantes importantes avec celui de Tours. Les deux œuvres sont parfaitement caractéristiques de l’élégance dont témoigne la production de l’artiste. Par la composition en hauteur, par la recherche de la pose du personnage et par le soin apporté à la description des costumes et de leurs accessoires, elles s’inscrivent dans le courant du portrait mondain, brillamment illustrés par Fernand Humbert (1842 – 1934) et Théobald Chartran (1849 – 1907).

Horace Hennion, conservateur du musée de Tours, adresse en décembre 1946 un courrier à M. Georges Poirier, président depuis 1925 de l’association des Plus Grands Invalides d’Indre-et-Loire, le remerciant d’avoir offert le tableau peu de temps auparavant : « Par un heureux hasard dû à la réinstallation de nos œuvres d’art, lui écrit-il, j’ai pu aussitôt le mettre en une place convenable ».