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19e siècle

Les Cendres, 1874

GLAIZE Auguste-Barthélémy

Montpellier, 1807 - Paris, 1893

Les Cendres, 1874

Huile sur toile

H. 146 cm. ; L. 242 cm.

Dépôt de l'Etat, 1875, transfert de propriété de l'Etat à la Ville de Tours, 2010

Inv. 1875-1-2

Notice complète

Élève d’Achille et d’Eugène Devéria (1800 – 1857 et 18056 – 1865) à Paris, Glaize débute au Salon de 1836 avec Luca Signorelli se disposant à peindre son fils tué en duel (Avignon, musée Calvet), qui révèle son goût pour la peinture d’histoire. À Montpellier, il rencontre le collectionneur Alfred Bruyas (1821 – 1877) qui lui commande plusieurs peintures à partir de 1848 (Montpellier, musée Fabre) : L’intérieur du cabinet de M. Bruyas (1848), Portrait de Bruyas (1848), Le Goûter champêtre, souvenirs des Pyrénées (1850-1851). C’est Glaize encore qui exécute l’ultime portrait du collectionneur deux mois avant la mort de celui-ci.

À partir de 1842, le peintre reçoit diverses médailles et le Légion d’honneur en 1855, où sa dernière récompense lui est décernée. Cette même année, il présente Un Pilori (Arras, musée des Beaux-Arts) qui manifeste la grande faveur de la peinture philosophique vers laquelle il s’oriente désormais. Poursuivant une carrière discrète, il aborde, à l’exemple de son maître Eugène Devéria, la peinture religieuse et bénéficie de quelques commandes destinées à des églises (1841, Vision de sainte Thérèse, Montpellier ; 1843, Humilité de sainte Élisabeth de Hongrie, Lodève). Il produit aussi des peintures murales pour des édifices parisiens (chapelle Saint-Jean à Saint-Sulpice, chapelle Saint-Fiacre à Notre-Dame-de-Bercy, chapelle Sainte-Geneviève à Saint-Gervais, chapelle des fonts baptismaux à Saint-Eustache). L’achat des Écueils (Amiens, musée de Picardie) par l’État au Salon de 1864 confirme l’intérêt tardif que les pouvoirs publics, répondant à ses multiples sollicitations, lui accorent en lui consentant de nouvelles acquisitions (1869, Insultes du Christ, Montpellier, musée Fabre ; 1872, Spectacle de la folie humaine, Arras, musée des Beaux-Arts ; 1873, Salomé, triptyque, Flers, musée municipal ; 1878, La force, Saint-Étienne, musée d’art et d’industrie)

Les Cendres, 1874

De même que les tableaux de Lecomte du Noüy, Merlot et Vidal, l’œuvre de Glaize est accordée au musée de tours par le ministère de l’Instruction publique, des Cultes er des Beaux-Arts en remerciement du concours apporté par la ville pour l’exposition des musées de provinces qui devait se tenir en 1875 à Paris.

Le symbolisme du sujet est appuyé par l’inscription en latin gravée dans la paroi de l’édifice, à droite de la composition. Tirée du texte de la liturgie du mercredi des Cendres, elle rappelle aux fidèles participant à la cérémonie du premier mercredi du carême que « poussières, ils retourneront à la poussière ». Devant la dalle funéraire dont l’épitaphe (« Cy gist / haut très puissant / illustrissime L. / Comte de […] ») souligne la vanité des entreprises humaines, un moine blanc, suivi d’un acolyte, appose les cendres sur le front d’une jeune croyante. La composition de l’assistance révèle les intentions philosophiques de l’artiste qui y mêle, au mépris de la vraisemblance historique, un empereur romain, un empereur germanique et un pape, personnifications du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Un poète couronné de lauriers, une pécheresse aux cheveux dénoués portant un rameau de buis figurent les tentations de l’esprit et de la chair, tandis que l’ermite barbu incarne l’orgueil par la recherche de la mortification.

Le peintre donne ses propres traits à la figure masculine placée devant le pape, drapé, la main sur le cœur, comme il l’avait déjà fait en 1872 dans le spectacle de la folie humaine, où il s’était représenté en bateleur de foire désabusé. L’autoportrait du musée de Montpellier suggère déjà un tempérament méditatif que confirme l’interrogation fiévreuse de son regard dans Les Cendres. Cependant, l’idée dominante sous-tendue par l’œuvre, celle de l’humanité en quête d’oubli dans ses actions éphémères qui ne peuvent en masquer la dérisoire insignifiance, n’atteint pas sa dimension universelle. La portée symbolique se dilue dans l’anecdote et dans les détails des costumes, des coiffures et des accessoires qui agrémentent cette galerie de personnages.

La composition en frise constitue un procédé narratif classique cher à l’auteur. Il l’utilise, de même que le format en longueur, dans un grand nombre de ses œuvres ayant en commun des intentions morales ou spirituelles comme Le Pourvoyeuse Misère (1860, Rouen, musée des Beaux-Arts), Les Écueils d’Amiens ou la Salomé de Flers.

Ce grand tableau de glaize est actuellement en restauration