UA-10909707-12

Info

Info
COVID-19 Pass sanitaire
En application du décret du 19 juillet 2021 modifiant le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire, à compter de mercredi 21 juillet, le pass sanitaire est exigé pour toute personne de 18 ans et plus, afin d'accéder aux équipements culturels et sportifs pouvant accueillir plus de 50 personnes en simultané.

Le muséum d’Histoire Naturelle, le musée des Beaux-arts, le musée du Compagnonnage et le Château de Tours sont concernés par cette mesure.
Nos équipes mettent tout en œuvre pour faciliter et fluidifier votre accueil. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre coopération lors des contrôles à l’entrée des établissements.

> > > 19e siècle

19e siècle

Le jeu de la main chaude (1812)

LESCOT Antoinette Cécile Hortense

Paris, 1784 - Paris, 1845

Le jeu de la main chaude (1812)

Huile sur toile

H. 75 cm. ; L. 100 cm.

Dépôt de l'Etat à la Préfecture d'Indre-et-Loire, 1893. Echange de dépôt avec la Préfecture d'Indre-et-Loire, 1942.

Inv. D 1942-1-2

Notice complète

Hortense Lescot figure parmi les plus célèbres femmes peintres de son époque. A sept ans, elle devient l'élève de Guillon-Lethière, qu'elle suit à Rome lorsqu'il devient directeur de l'Académie de France en 1811. Ce séjour est déterminant pour sa carrière, l'Italie constituant sa principale source d'inspiration ; elle est alors une des rares femmes peintres à traiter des scènes de genre inspirées de la vie italienne.

En 1812, Hortense Lescot est encore à Rome lorsqu'elle envoie à Paris cinq tableaux, dont Le Jeu de la main chaude, pour figurer au Salon qui se tient au musée royal. Le sujet traité, de même que celui des œuvres qui l'accompagnent (Le baisement des pieds, dans la basilique Saint-Pierre de Rome ; Un mendiant à la porte d'un couvent où l'on fait aux pauvres la distribution des vivres), est significatif de l'intérêt que porte l'artiste à la description anecdotique de la vie quotidienne dont elle est le témoin en Italie. Ces représentations, souvent teintées de sentimentalité, sont caractéristiques du courant esthétique qui se manifeste en marge du néoclassicisme, et préfigurent l'intérêt que portera le romantisme au traitement de l'émotion.

Dans une scène qui évoque Greuze, l'artiste réunit les composantes de la réussite. Le thème de ce divertissement qui consiste, pour le joueur dont la tête est cachée dans les genoux de son partenaire, à deviner qui a frappé la main qu'il tient ouverte dans son dos, sera repris par plusieurs artistes. En 1824 notamment, Boily traite le sujet en faisant de nombreux emprunts à la composition d'Hortense Lescot, qui reçoit un accueil mitigé de la critique.

L'épisode se déroule sous la galerie, largement ouverte, d'une maison agrémentée d'un jardin orné de statues. Les sculptures disposées sur un entablement, les arbres du parc, notamment le pin parasol visible à droite, créent un climat immédiatement dépaysant, souligné par l'accumulation de détails pittoresques.

Les particularités architecturales de la salle où l'artiste situe l'action, la description des costumes et des coiffures, les visages peu individualisés qui confinent à l'archétype contribuent à transporter le spectateur dans une Italie idéale, marquée par la noble élégance de ses habitants et de leurs coutumes.

Le coloris clair et contrasté utilisé par Hortense Lescot, la présence de tons vifs (le rouge des costumes, le bleu du ciel) ainsi que l'exécution soignée répondent à l'attente des amateurs pour un type de représentation que développeront avec un égal succès, quelques années plus tard, des artistes comme Léopold Robert, Schnetz, Bodinier.

© MBA Tours, cliché Gérard Dufresne